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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 00:28

La petite pensée du jour :

 

Question simple : pourquoi les instances ou les êtres investis d'un pouvoir sont-ils très (trop) fréquemment catégorisés comme étant des imbéciles?

 

Exemples dont la liste est en réalité bien plus longue : les américains considérés comme des imbéciles, le président français...

 

Eléments de réponse:

Le pouvoir ne doit jamais montrer son vrai visage. Il y a grand intérêt, pour lui, à ce que les sans-pouvoir puissent exprimer une puissance symbolique conduisant à une forme de renversement théorique des forces en présence. Si les sans-pouvoir ont le sentiment qu'ils sont gouvernés par des imbéciles, ou que la première puissance mondiale est composée d'imbéciles, ils se donnent ainsi une force théorique qu'ils ne peuvent exprimer dans les faits. Le leitmotiv de cette attitude est le dénigrement plutôt que l'affrontement direct (qui est de l'ordre de l'impossible)

Cependant, il s'agit là d'un calcul dont les effets sont pervers (au sens où ils sont inverses des effets attendus). Car, plutôt que d'exprimer une puissance réelle contre le pouvoir, cette attitude permet la conservation de ce dernier. Le pouvoir a donc tout intérêt à apparaître comme faible, bancal,... pour, paradoxalement et selon la logique que nous venons d'expliquer, se conserver.

Alors, plutôt que d'adopter l'attitude trop simpliste et d'une médiocrité crasse de rejet par dénigrement des instances dirigeantes, demandons-nous comment et pourquoi les puissants sont parvenus au pouvoir? Car, le fait de dire que les élus sont des imbéciles, nous place nous-mêmes sous cette catégorie puisque nous les avons mener au pouvoir...

 

Pour poursuivre la réflexion :

Nietzsche, La Généalogie de la morale : les textes sur l'homme du ressentiment.

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Published by brouillard-charnel - dans Philosophie
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commentaires

DéfiTexte 23/05/2011 08:52


Sans doute « avant » le maître était tel s’il avait des esclaves ; sans doute aujourd’hui, « renversement théorique », est maître celui qui a des amis comme sur Face book. Peut-être que le maître
devient-il une vedette qui institutionnalise les désirs des gens : « puissance symbolique » dites-vous. Certes, si l’on a encore comme « avant » le maître que l’on mérite, l’insulter revient à
s’insulter soi-même. Mais peut-être de même l’esclave chuchotait à l’empereur triomphant « tu es mortel », l’ami aujourd’hui lui chuchote « tu es un imbécile ». Pour lui dire encore de la sorte «
tu es comme nous » ? Tu ne fais jamais partie que d’un réseau social ? Tu n’es qu’une vedette, connue, symbolique, mais pas plus intelligente que ça ? Tu ne conserveras le pouvoir que si on t’aime
? Peu importe le mérite, tu dois rester notre ami ?