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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 00:24

Question simple, comme toujours, qui m'est venue en allumant une cigarette : pourquoi cet acharnement sur les fumeurs?

 

Génalogie de la prohibition du tabac:

pas produire ici une généalogie "orthodoxe" de l'acharnement (thérapeutique?) des autorités à l'encontre des tabacophiles, et ce, pour plusieurs raisons:

-manque de temps 

-absence de nécessité

-absence de certains éléments...

Simplement donner un sentiment général. 

 

Facteurs de prohibition du tabac:

-dangerosité pour la santé liée, plus ou moins, aux découvertes scientifiques (ou plutôt justifiée par ces dernières)

-problème du tabagisme passif...

-tout le monde connaît plus ou moins l'argumentaire.

 

Contre-argumentaire:

Le tabagisme, à l'instar de la consommation d'alcool, est un phénomène non pas social mais anthropologique, à savoir que toutes les sociétés, des Etats-Unis à la plus petite tribue du fin fond de l'amazonie, possèdent une forme de consommation de tabac (j'entends par tabac tout type de feuilles séchées se consumant par le feu). L'inscription mythologique de cette consommation est claire et remonte au mythe de Prométhée, volant le feu pour les hommes. Il semble y avoir une inscription naturelle de la maîtrise du feu par l'homme et la cigarette en est le paradigme. L'homme est l'être maîtrisant le feu. En plus de ce phénomène anthropologique, il faut comprendre la consommation du tabac comme un phénomène social, on ne fume pas seul (ce n'est pas vrai aujourd'hui dans les sociétés "développées" mais originellement l'idée fonctionne). Comment, dans ces conditions, comprendre l'expansion de la prohibition du tabac?

En réponse à cette question, nous nous alignons sur les développements proposés par Foucault tout au long de son oeuvre. Quel est l'intérêt des sociétés contemporaines? Préserver la vie et accroître la productivité.

La découverte de la nocivité du tabac va à l'encontre de ce paradigme, d'où la prohibition accrue au fil de ces dernières années.

Est-ce à dire que les attentes sociales contemporaines vont à l'encontre des lois anthropologiques? Peut-être mais nous n'avons pas les éléments suffisant pour répondre. Reste à dire et à défendre que le tabac n'est pas un mal en soi, pas non plus un acte de rébellion social (nous pensons ici à la "transgression" des normes par les jeunes élèves des collèges et lycées français) mais simplement une pratique millenaire qui n'a pas à subir cet acharnement tant qu'elle reste dans les bornes de la consommation à plusieurs dans une optique de partage et consolidation des liens intersubjectifs.
Il paraît donc meilleur d'analyser les modes de consommation du tabac plutôt que de le rejeter en bloc. En conséquence de quoi, nous nous opposons au rejet de "principe" mais également à la consommation tous azimut qui est plus un paliatif à des problèmes personnels qu'à un réel plaisir. D'autre part, il ne faut pas croire que le tabagisme est une obligation mais il ne faut pas tomber dans l'interdiction pure, cachant en réalité des enjeux politiques, sous couvert de politique de santé publique.

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Published by brouillard-charnel - dans Philosophie
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