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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 06:22

http://t1.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTVVQ53-p69CxLArDYyAZiHNCLoc_yoDCJX9kfSjsc_PwDssOzkIntérieur bourgeois. Un bon père de famille, une femme, trois enfants et une bonne râleuse. Une famille plus ou moins abâtardie par le confort du siècle. Le roman s’ouvre comme une mauvaise pièce de vaudeville. Le père dirige sa petite armée d’une main de fer et fait régner un ordre implacable sur les choses et les êtres. Il a la manie des choses bien rangées, chaque chose à sa place et une place pour chaque chose. Seulement, voilà que les conséquences des petites thésaurisations bourgeoises vont troubler la sérénité du ménage. Mouret (le bon père de famille) décide de loger chez lui un prêtre à l’histoire trouble. C’est à la suite de cet acte que, peu à peu, la thématique du pouvoir entre en jeu. La question à laquelle répond Zola dans ce roman est celle de la constitution d’un corps politique. Tout le travail entreprit consiste en la construction par analogie du corps physique et politique de l’abbé Faujas.

La guenille et le silence constituent le premier mode d’être de l’abbé. Il se terre dans sa chambre, intriguant l’ensemble de la famille qui le loge, et plus particulièrement Mouret. Un soir, alors qu’il cherchait par tous les moyens à épier les occupations quotidiennes de l’abbé, Mouret parvient finalement à entrer dans la chambre de son locataire pour constater la présence d’une fuite. C’est alors que le roman connaît son tournant le plus important avant le retournement final. Mouret, qui est d’une nature méfiante à tous égards, a en horreur la politique et, plus précisément la lutte qui oppose les deux camps politiques divisant Plassans. Il en vient à narrer de long en large à son locataire toutes les intrigues qui déchirent la ville. Ce qui fait rire, pour le moment, Mouret est que sa maison est exactement située entre la préfecture et la demeure des opposants. Malheureusement pour lui, sa maison constituera le pont réunissant les deux puissances oppositives de la ville.

À partir de cette entrevue entre Mouret et Faujas, un jeu de transsubstantiations va s’opérer entre les deux hommes, de sorte que Faujas en viendra peu à peu à vampiriser Mouret. Plus le corps physique et politique de Faujas prendra consistance, plus celui de Mouret se videra de sa substance. Le réseau qui réunit les deux hommes et permet cet échange de substances s’incarne en la personne de Marthe.

Marthe est la parfaite petite bourgeoise éteinte et corvéable à merci. Elle suit les ordres de Mouret à la lettre et occupe la maison en fantôme sans désir ni passion. Elle ne s’incarnera qu’à la suite de discussions répétées entre elle et Faujas, alors que, pendant le même temps, Mouret joue aux cartes avec la mère de Faujas. Le corps de Faujas occupera d’abord la maison des Mouret pour ensuite investir l’extérieur. La conquête de Plassans est en réalité l’augmentation de la puissance biopolitique de Faujas, rendue possible par l’aide invétérée de Marthe et sa mère.

C’est donc un jeu à trois qui s’effectue au sein de la famille et qui aura des répercussions pour la ville entière. Faujas vampirise les forces laborieusement conquises de Mouret et ce, par l’intermédiaire de Marthe. Seulement, l’une des idées fondamentales de Zola est que la transformation des êtres déjà cristallisés en une substance autonome ne peut conduire qu’à la catastrophe. La fin du roman mettra en application de manière paradigmatique cette idée !

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Published by brouillard-charnel - dans Littérature
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commentaires

La conquête de plassans Emile Zola 20/07/2012 16:28

Le livre par lequel l'église voue une fidélité sans borne à l'état